" - Nous sommes des morts, disait-il.
- Minute § Nous ne sommes pas encore morts, répondait Julia prosaïquement.
- Pas physiquement. On peut imaginer que nous en avons pour six mois, un an, cinq ans. J'ai peur de la mort. Toi tu es jeune, tu as probablement plus peur que moi. Evidemment, nous repousserons la mort aussi longtemps que nous serons humains, la vie et la mort seront la même chose.
- Oh! Des blagues ! Avec qui préfères-tu coucher? Avec moi ou avec un squelette? Est-ce que tu n'aimes pas sentir que ceci est toi, ceci ta main, ceci ta jambe, que tu es réel solide, vivant ? Et ça, dis t'aimes pas ça ?
Elle tourna vers lui son buste et appuya contre lui sa poitrine. Il pouvait sentir, à travers la blouse, les seins lourds, mais fermes. Le corps de Julia semblait verser dans le sien un peu de sa jeunesse de sa vigueur. "
***
" Etes vous prets à donner vos vies?
-Oui
-Etes vous prets à tuer ?
-Oui
-A commetre des actes de sabotage pouvant entrainer la mort de centaines d'innocents?
-Oui
-A trahir votre pays aupres de puissnces etrangeres ?
-Oui
-Vous etes prets a tromper, à faire des faux, à extorquer, à corrompre les esprits des enfants, à distribuer les drogues qui font naitre des habitudes, à encourager la prostitution, à propager les maladies vénériennes, à faire tout ce qui est susceptible de causer la démoralisation du Parti et de l'affaiblir ?
-Oui
-Si votre inteet exigeait, par exemple, que de l'acide sulfurique fut jeté au visage d'un enfant seriez vous pret à le faire ?
-Oui
-Etes vous prets à perdre votre identité et à vivre le reste de votre existence comme garçon de café ou docker ?
-Etes vous prets à vous suicider si nous vous l'ordonnon et quand nous vous l'ordonerons ?
-Oui
-Etes vous prets, tous deux, à vous séparer et à ne jamais vous revoir ?
-Non ! jeta Julia
Il sembla à Winston qu'un long moment s'écoulait avant qu'il put réponddre. Un instant meme il crut etre privé du pouvoir de parler. Sa langue s'agitait sans emettre un son. Elle commençait les premieres syllabes d'un mot, puis d'un autre, recommençait encore et encore. Il ne savait pas, avant qu'il l'eut dit, uel mot il allait prononcer.
-Non! diit-il enfin. "
***
"Des trois groupes seul le groupe inferieur ne reussit jamais, meme temporairementt à atteindre son but. Ce serait une exagération que de dire qu'à travers l'histoire, il n'y a eu aucun progrès materiel. Même aujourd'hhui dans un période de déclin , l'être humain moyen jouit de conditions de vie meilleures que cellee d'il y a quelques siecles. Mais aucune augmentationde richesse aucun adoucissement des moeurs, uacune réforme ou révolution n'a jamais rapproché d'un milimetre l'égalité humaine. Du point de vue de la classe inférieure, aucun changement historique n'a jamais signifié beaucoup plus qu'un changement du nom des maitres."
***
" Les oiseaux chantaient, les prolétaires chantaient, le Parti ne chantait pas. Partout dans le monde, à Londres, à new-York, en Afrique et au Brésil et dans les contrées mysterieusesset défendues par-delà les frontières, dans les rues de Paris et de Berlin, dans les villages de l'interminable plaine russe, dans les bazars de la Chine et du Japon, partout se dressait la même silhouette, solide et invincible, monstrueuse à force de travail et d'enfantement, qui peinait de sa naissance à sa mort, mais chantait encore. De ces reins puissants, une race d'êtres conscients devait un jour sortir. On était des morts l'avenir leur appartenait. Mais on pouvait partager ce futur en gardant l'esprit vivant comme ils gardaient le corps et en transmettant la doctrine secrete que deux et deux font quatre.
-Nous sommes des morts, dit-il
-Nous sommes des morts répéta Julia obéissante
-Vous êtes des morts, dit une voix de fer derriere eux. "
***
"Mouurir en les haissant, c'était sa la liberté"
Quelques passages de 1984 que j'aime beaucoup. Il y en a beaucoup d'autres qui sont exellents mais mes doigts commencent à fatiguer :)